On ne se refait pas, les pays qui m’attirent le plus sont situés au niveau des latitudes les plus au nord. L’Islande faisait donc partie de ces pays et il ne m’en fallait pas plus pour m’organiser un petit road trip photographique improvisé. La période de mars semble être une période intéressante pour la photo en Islande. En effet, les jours sont relativement longs, l’ambiance est encore hivernale et la période est propice à l’observation des aurores boréales.

Réservation des billets d’avion faite, il reste la question de l’hébergement. En général je suis plutôt adepte du bivouac, qui me permet d’être mobile et d’être au plus près des spots pour shooter. Cependant, l’Islande est une île au climat particulièrement rude et surtout exposée à de très forts vents. Pour une première prise de contact avec le pays, je vais finalement choisir quelque chose d’un peu plus robuste. D’autant plus que je pars seul donc un montage de tente dans le blizzard peut vite s’avérer une opération délicate. J’opte ainsi pour un campervan. Une petite camionnette aménagée en lit à l’arrière, bref le grand luxe !

Prêt pour l'Islande
Prêt pour l’Islande

C’est l’heure du départ, mes valises sont bouclées, le matériel de prise de vue est affuté. Direction l’aéroport de Genève. Après une escale à Londres, j’atterris en Islande en fin de journée. Le temps de récupérer mon hôtel roulant et il est déjà temps de trouver un emplacement pour dormir.

Peninsule de Reykjanes et Blue Lagoon

J’ai passé ma première nuit aux abords du phare de Gardur, à l’extrémité de la péninsule de Reykjanes. Au réveil les conditions sont dantesques. De fortes rafales de vents secouent mon véhicule et les vagues de l’océan passent par dessus la digue et viennent s’écraser sur ma carrosserie. Ça commence fort ! Je prends donc la route et commence à sillonner la péninsule en direction du Blue Lagoon. Je ne prévois pas d’aller m’y baigner, le lieux ne semble pas être ce que l’Islande offre de plus sauvage. Cependant, j’ai prévu de visiter un peu les alentours afin de faire connaissance avec les sols volcaniques recouverts de mousses ou encore de photographier quelques canaux d’eau bleue turquoise au milieu de la roche noire et blanche.

Les eaux du Blue Lagoon
Les eaux du Blue Lagoon
Roche volcanique et eaux turquoises
Roche volcanique et eaux turquoises

Je prends ensuite la direction de la fameuse route circulaire, la route n°1, en direction de la côte sud. La route n°1, c’est la route principale d’Islande, elle en fait le tour complet en suivant le littoral (ou presque). La route circulaire mesure 1339 kilomètres.

La péninsule de Reykjanes
La péninsule de Reykjanes

La situation météo ne s’améliore pas et d’après les prévisions, ce premier jour semble être le plus mauvais du séjour. Décision est prise de laisser derrière moi quelques lieux emblématiques du cercle d’or et de profiter du mauvais temps pour avaler les kilomètres. Je mise sur le fait que le reste du séjour sera plus favorable et je visiterai ainsi ces lieux sur la route du retour. Je prends donc la direction du village de Vik. J’essuie tout type de météo durant cette première partie de mon périple (principalement du vent et de la neige), merci aux 4 pneus clous qui équipent mon véhicule.

Blizzard sur la route circulaire.
Blizzard sur la route

Seljalandsfoss

Lorsque j’arrive au niveau de la cascade de Seljalandsfoss, les éléments semblent s’être un peu calmés. Je décide donc de m’arrêter et de visiter l’endroit. Malgré le vent encore bien présent, le lieu est impressionnant. Seljalandsfoss c’est une cascade de 65 mètres qui offre la particularité de pouvoir passer derrière le rideau d’eau. Malheureusement, le fort vent qui règne aujourd’hui m’empêche de me rendre derrière la cascade, je m’en tiendrais donc à une exploration « classique » des lieux.

Fort vent sur la cascade de Seljalandsfoss. Ce jour là, je semble bien petit face à ses 65 mètres de hauteur !
Fort vent sur la cascade de Seljalandsfoss. Ce jour là, je semble bien petit face à ses 65 mètres de hauteur !

Je reprends ensuite la route jusqu’au village de Vík. La météo ne s’améliorant pas, je décide de le dépasser et de poursuivre ma route jusqu’au point le plus à l’est (ou presque) de mon road trip. Ainsi, je roule jusqu’à Skaftafell, qui sera mon lieu de camping pour la nuit. Une arrivée tardive après plus de 400 kilomètres de route, la nuit va faire du bien.

Neige et roche volcanique
Neige et roche volcanique

Jökulsárlón, icebergs et sable noir

Au reveil, le temps s’est nettement amélioré puisqu’il fait beau. Je prends donc rapidement la direction du Jökulsárlón. Si j’ai parcouru les 400 kilomètres aller-retour depuis Vík, c’est uniquement pour aller voir cet endroit. La lagune glacière, l’énorme glacier de Vatnajokull et surtout la fameuse « Diamond beach ». Une plage de sable noir sur laquelle viennent s’échouer les morceaux d’icebergs recrachés dans l’océan par la lagune. Autant vous dire que je n’ai pas été déçu, le lieu est surprenant, les contrastes sont saisissants, bref une matinée au top. D’ailleurs, si je m’étais écouté je consacrais deux à trois fois plus de temps à shooter ce lieu mais, il me restait encore beaucoup à explorer.

Contemplation à Diamond Beach
Contemplation à Diamond Beach
Icebergs et sable noir sur Diamond Beach
Icebergs et sable noir sur Diamond Beach

Je reprends donc la route circulaire en direction de Vík í Myrdal qui sera ma destination pour la soirée. Sur le chemin du retour, le temps est meilleur qu’à l’aller (et il fait jour, j’ai fait une partie de la route de nuit la veille). Je découvre ainsi des paysage magnifiques, des vues sur les langues glaciaires, des steppes à perte de vue. J’ai même droit à un petit bonus avec l’observation d’un renard polaire qui traverse tranquillement devant mon véhicule.

Une des langues glaciaires du Vatnajokull, le plus grand glacier d'Islande.
Une des langues glaciaires du Vatnajokull

Vík í Myrdal, un concentré d’Islande

J’arrive en milieu d’après-midi au village de Vík et la météo s’est nettement dégradée. Puis c’est une alternance d’éclaircies et de tempêtes, bref, le temps change toutes les dix minutes. Une vraie météo Islandaise. Du coup j’enchaine les photos des stacks depuis la plage mais aussi du village et de son emblématique église. Vík c’est vraiment le village coup de cœur du road trip. L’église donne tout son charme au village et les plages de sables noir complètent le tableau. Un vrai concentré d’Islande.

Vue sur Reynisdrangar depuis la plage de Vik
Vue sur Reynisdrangar depuis la plage de Vik
Vík í Mýrdal l'église et les stacks, un concentré d'Islande
Vík í Mýrdal
La plage de Vik
La plage de Vik
Neige, sable noir et océan
Neige, sable noir et océan

Ce soir les prévisions d’aurores boréales sont assez élevées, malheureusement à la tombée de la nuit, la tempête et la neige reviennent en force. Cependant, la météo prévoit un ciel totalement dégagé à partir de minuit. Je vais donc patienter jusqu’à 1h30 du matin. Malheureusement à cette heure-ci aucune amélioration. Direction le dodo, les aurores boréales, ce sera pour une autre fois.

Reynisfajarda

Au réveil, c’est le calme après la tempête (enfin presque car le vent souffle de manière soutenue). Malgré tout, il fait grand beau, presque trop beau pour un photographe (les ciels noirs et chargés, ça a son charme). J’en profite pour refaire un rapide crochet par la plage afin d’admirer les stacks sous le ciel bleu !

Les stacks de Reynisdrangar
Les stacks de Reynisdrangar

Ensuite, je prends la direction de Reynisfajarda, une autre plage de sable noir qui me donnera un angle de vue différent sur les stacks de Reynisdrangar. Cette plage est aussi réputée pour ses formation d’orgues basaltiques (comme la fameuse chaussée des géants en Irlande). Les conditions de prises de vue sont difficiles. Le vente souffle fort, l’océan est déchaîné, l’écume blanche des vagues, le sable noir, le spectacle est saisissant ! Encore une fois, le village de Vík a des atouts considérables.

La plage de Reynisfjara
La plage de Reynisfjara
Tempête sur les stacks
Tempête sur les stacks

Je reprends la route circulaire et je fais un crochet pour aller admirer la double arche de Dyrhólaey. Cette formation volcanique (comme presque tout ici !) est une longue avancée sur la mer. Là aussi le spectacle est impressionnant mais cette bande de roche volcanique est tellement balayée par des vents violents qu’il m’est difficile de tenir debout. Malgré tout, j’ai depuis ce promontoire des angles de vue différents sur les plages de sable noir. Ainsi, je peux admirer la plage de Reynisfajarda et les stacks dans leur globalité.

La péninsule de Dyrhólaey et sa double arche
La péninsule de Dyrhólaey et sa double arche
Sable noir entre montagnes et océan
Sable noir entre montagnes et océan

Skogafoss

Je quitte enfin les environ de Vík et je reprends la direction de Reykjavik. J’arrive à la cascade de Skogafoss que j’avais laissé derrière moi à l’aller. Ma stratégie a été la bonne puisque les conditions météo du jours sont bien meilleures. Ainsi, j’ai droit au fameux arc en ciel qui se forme devant la cascade les jours de beau temps. Là aussi, tout comme à Seljalandsfoss, c’est un lieu très touristique mais qui reste impressionnant. Les eaux de la rivière Skógá se jettent de la falaise, formant une cascade de 62 mètres de hauteur pour 25 mètres de largeur.

La cascade de Skogafoss et son arc-en-ciel
La cascade de Skogafoss et son arc-en-ciel
Neige, mousse et sable noir, l'Islande vue du ciel
Neige, mousse et sable noir, l’Islande vue du ciel

Gullfoss

Je quitte maintenant temporairement la route numéro 1 pour m’enfoncer un peu dans les hautes terres. Je me dirige vers quelques classiques du cercle d’or en commençant par une cascade (et même une double cascade !).
La fameuse double cascade de Gullfoss est un des grands classiques du cercle d’or. Contrairement aux deux autres cascades majeures que j’ai pu photographier durant mon périple, Gullfoss ne se caractérise pas par sa hauteur. En effet, la hauteur cumulée des deux cascades est de « seulement » 32 mètres. Par contre, Gullfoss se distingue par ses 70 mètres de largeurs, son débit relativement impressionnant, et le canyon dans lequel elle se jette.
Je me suis éloigné du littoral, le lieu est froid et les températures de l’hiver sont encore bien présentes. Le décor aux abords de Gullfoss a des allures vraiment polaires avec neige et glace à volonté.

La cascade de Gulfoss
La cascade de Gulfoss

Geysir

Enfin pour finir, je ne pouvais pas aller en Islande sans passer jeter un œil au champ géothermique de Geysir ! Eh oui, un geyser, ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion d’en voir un (et surtout ce n’est pas partout ). J’avoue que j’y allais quand même sans grandes convictions, plutôt par curiosité et finalement j’ai été plutôt amusé par la chose, voir même impressionné. Geysir, le geyser original qui a donné son nom au site (et au phénomène) est plutôt dormant. Du coup, c’est plutôt Strokkur que l’on admire. Ce geyser jaillit assez régulièrement (je dirais toutes les 5 minutes) et autant vous dire que ça monte relativement haut ( une bonne vingtaine de mètres en moyenne).

Le geyser de Strokkur
Le geyser de Strokkur

La nuit est maintenant quasiment tombée sur le site de Geysir, il est temps pour moi de reprendre la route en direction de Reykjavik. Je dois me rapprocher de l’aéroport car demain matin, c’est déjà le moment de quitter l’Islande.

Petite cascade islandaise au bord de la route 1
Petite cascade islandaise au bord de la route 1

Ce court road trip m’a permis de prendre mes marques dans un pays au potentiel énorme. J’ai surtout exploré des zones touristiques et faciles d’accès puisque proches de la route numéro 1. Cependant, nul doute que l’intérieur des terres et les zones moins touristiques sont dotés d’un potentiel photographique infini. Ce sera d’ailleurs certainement l’objet de prochaines aventures.

Je remercie mon équipementier Haglöfs pour les vêtements, chaussures et accessoires au top, qui m’ont permis de faire face au climat Islandais en restant au chaud et au sec de la tête aux pieds !
Merci aussi à
Ledlenser pour l’éclairage et Sea to Summit pour les nuits au chaud.

Toutes mes images sont disponibles à la vente en tirages d’art



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